L’alphabet latin se présenta d’abord dans une écriture monumentale lapidaire : la capitale romaine dès le Ier siècle avant Jésus-Christ.

Il existe une variante de cette écriture, la rustica,

observée sur les inscriptions murales à Pompéi et qui reste utilisée pour les titres de certains manuscrits jusqu’au Xè siècle.

En même temps, dans la Rome antique, sont apparues des formes plus simplifiées : la cursive romaine.

A compter du IVè S. de notre ère on passa peu à peu de la majuscule à l’onciale, écriture monastique romane par excellence, en parfaite harmonie avec l’architecture de l’époque. Calligraphiée par les moines dans les scriptoria jusqu’au IXè S. , elle deviendra l’outil essentiel de la sauvegarde de la culture classique.

Quand Charlemagne arrive au pouvoir, il tend à modeler l’ensemble de la société et précisément l’art de l’écriture. Il fonde les écoles et impose une nouvelle écriture minuscule : la carolingienne, ou caroline. Mais chaque scriptorium et chaque école a sa propre écriture. Le besoin d’unification aboutit à une écriture plus sobre et formatée, la caroline classique, mise au point au scriptorium de Saint Martin de Tours. Elle sera adoptée partout dans le monde occidental et diffusée jusqu’en Italie et en Germanie. Aujourd’hui, on évalue à environ 9000 le nombre de manuscrits carolingiens conservés …

Jusque dans les années 2000, l’Institut ALCUIN CAPERIA ( nom de l’un des grands scribes de Charlemagne) à Saint-Cyr-sur-Loire, organisait, outre des cycles longs validés par un diplôme, des stages d’enluminure et de calligraphie latine, en collaboration avec l’Éducation nationale.

Au début du XIIè S. un vaste mouvement culturel et esthétique gagne progressivement toute l’Europe : c’est la naissance de l’art gothique, qui rompt totalement avec l’art roman. L’architecture évolue tandis que les arts et les lettres se sécularisent. Les artistes enlumineurs et calligraphes se réunissent en corporations. L’écriture se démocratise et on aboutit à un foisonnement d’écritures gothiques : la gothique primitive (XIII è), la gothique bâtarde (fin XIVè), la textura, la rotunda (Italie, Espagne,Pays d’Oc…), la cursive gothique en France, la fraktur en Allemagne et la lettre de civilité (XVIè-XVIIIè) qui assure la transition entre le manuscrit et l’imprimé.

En effet, le premier ouvrage d’envergure à avoir été imprimé au moyen de caractères mobiles en plomb, la Bible de Gutenberg est produite à Mayence, au milieu des années 1450. Cette première œuvre imprimée est aussi l’une des plus abouties que l’Occident médiéval ait engendrées, constat qui l’a hissée au rang de monument de la typographie naissante.

Dès le XVè S. l’Europe connaît une profonde mutation, cette époque est caractérisée par une rupture progressive avec la société féodale et un regain d’intérêt pour l’Antiquité, c’est la Renaissance. L’Italie devient le modèle de toute l’Europe. Apparaît alors une figure nouvelle : l’humaniste, qui conduit au renouveau de l’enseignement. Les artistes commencent à signer leurs œuvres.

La minuscule humanistique voit le jour. A l’aube du XVIè S. les frontières ne sont plus un obstacle et les livres circulent beaucoup. C’est ainsi que la chancelière ( de la chancellerie papale de Rome) arrive en France. Notre écriture d’aujourd’hui reste redevable de la chancelière italienne.

Au XVIIè S. se développe un goût prononcé pour les arabesques et les fioritures. A la veille de la Révolution, Monsieur Paillasson énonce clairement les principes de la calligraphie qui vont régir la discipline jusqu’à la fin du XIXè S.On utilisera la financière, la ronde, la bâtarde et la coulée jusque vers 1800 où l’anglaise arrive en France. Elle est toujours utilisée aujourd’hui pour marquer le raffinement …

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